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Pensez au jeu, pas à l'enjeu

Longtemps j’ai cru que je ne savais pas jouer. Que je n’aimais pas jouer. Je pensais « jeux de société » et j’avais une réticence, un renfermement quand je pensais aux P’tits chevaux avec ma grand-mère, au scrabble ou au yam comme ma sœur et ma mère pouvaient aimer, à la belote comme mon autre grand-mère adorait, à la pétanque comme on jouait dans ma famille, au loto le dimanche dans une salle des fêtes en hiver à la campagne pour gagner un panier garni ou, mieux, une machine à laver ou une télévision écran plat.

 

Plus tard, en soirée, entre amis, je redoutais le moment où on allait sortir le Time Zup ou le Trivial Poursuite. Je préférais trouver une excuse pour faire autre chose. Le déni : j’étais dans le déni du jeu. Et s’il m’arrivait de me « prêter à un jeu », c’est comme si je me retenais pour éviter d’entendre : « ah bah tu vois que tu aimes jouer ! ». Comme une fois en jouant au Trivial Poursuite avec mes colocataires de Daumesnil (années bénies et chéries avec les filles, vous vous reconnaîtrez). Comme j’ai toujours eu la tendance à réfléchir beaucoup et plutôt vite, à cérébraliser pour comprendre, comprendre, comprendre ; je me suis vite rendue à l’évidence après cette soirée. Je ne m’autorisais pas à jouer.

 

Flash back : oui, c’est vrai, gamine je n’ai pas toujours eu le temps de jouer comme j’en aurais eu envie. N°2 d’une famille de 6 enfants avec une mère en élevant 5 (presque) toute seule. Une mère généreuse et extravertie mais avec une tendance à la bipolarité, à la violence verbale physique et morale... (Maman, si un jour tu lis ceci, je ne dirais pas que c’est, entre autres, ce qui a fait de moi qui je suis. Je dirais plutôt que je suis arrivée au pardon au fil de mon développement personnel que je dois à moi et moi seule.) Mais pas besoin d’avoir eu une enfance tronquée pour ne pas aimer jouer : on peut avoir bien d’autres raisons ! Pour ma part, j’ai mis un ou plusieurs masques pour me protéger : une gamine hyper souriante, joviale, sociable, aimant l’école et les devoirs. Une gamine qui a mis en place inconsciemment des systèmes de protection pour ne pas y rester. C’est d’ailleurs ce que font tous les gamins pour se protéger. Le hic : c’est que nous avons la fâcheuse tendance à garder des schémas sécurisants à l’âge adulte alors que nous n’avons plus à craindre la personne ou l’objet de notre peur d’enfant.

 

Bas les masques!

 

Alors adulte, j’ai longtemps cru que je devais prouver que j’étais capable de m’en sortir, apte à me débrouiller toute seule, à serrer les dents, à être bien dure au mal et à éviter les gens méchants. J’avais d’ailleurs l’impression que les gens méchants étaient nombreux, très nombreux. Et les femmes de préférence bien sûr.

Et en repensant au jeu : je me suis souvenue que j’en ai aimé ! Jouer à Twister, au Qui-est-ce ?, au Monopoli, au P’tit Bac, à la Bataille Navale, au Jeu des 7 Familles et plus tard à Guitare Hero.

 

Bon en fait, j’aimais jouer. C’est juste que je n’arrivais pas à me lâcher parce que j’en avais gardé gros sur le cœur trop longtemps. Donc j’avais besoin de commencer par lâcher le morceau. Mais comme j’étais bien gonflée d’ego… ce n’était pas vraiment évident pour moi d’envisager une psychothérapie par exemple.

Pas de problème : la Vie s’en est chargée pour moi. Pendant ma formation en naturopathie, j’ai suivi un module sur les Fleurs de Bach. J’en avais déjà vaguement entendu parler mais je les associais à un truc élitiste du bien-être sur lequel je n’avais pas vraiment envie de prendre le temps de me pencher. Et je les ai découverte en même temps que j’ai pris (douloureusement) conscience d’un des aspects de mes masques.

 

Derrière la peur se cache toujours l'ego.

 

Un matin, ma formatrice avait réservé un cadeau à ceux qui arriveraient bien à l’heure. Nous avons eu la possibilité de tirer une des 38 cartes de son jeu des Fleurs de Bach. Comme en fait j’aime jouer, j’ai tiré ma carte comme les autres. La Violette d’eau. Elle correspond aux tempéraments fiers et distants. Pour les personnes qui pensent ne pas avoir besoin des autres pour avancer, qui se retirent en elles-mêmes par une sorte de fierté intérieure qui peut être perçue comme hautaine pour les autres. C’est la fleur de ceux qui se construisent une enceinte impénétrable et qui ne se mêlent pas facilement. Avec un grand respect des autres malgré tout, ce sont des gens qui peuvent avoir une grande conscience de leur propre valeur, ce qui peut les rendre distants et les faire se sentir supérieurs. En résumé (au moment où j’ai pioché cette carte), je ne voyais pas du tout, mais alors pas du tout, en quoi cette fleur pouvait me ressembler. Je me suis d’ailleurs dit que ce genre de personne devait être particulièrement désagréable à vivre, voire puant !

 

Regarder la réalité en face

 

Pour revenir à la très jolie et solitaire Violette d’eau, je me suis rapidement rendue à l’évidence. Oui, de temps en temps (même assez souvent), je me tenais mentalement à l’écart des autres. Pensant que nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes ; pensant que je n’avais pas grand chose à voir avec eux ; pensant que j’étais mieux toute seule ou bien à écouter mais pas à me confier. Pas trop de confidence parce que sinon j’aurais baissé la garde et un panneau lumineux clignotait dans ma tête : « attention danger, attention danger, gens méchants autour de toi ». Alors merci Violette d’eau d’être venue à moi alors que je pensais ne pas avoir besoin de toi. Même si c’était difficile, je suis redescendue de mon piédestal. J’ai commencé à revoir mes croyances et j’ai regardé mon ego droit dans les yeux : « Maintenant EGO, tu me fous la paix. Je veux être libre. Tu reviendras quand je t’aurais sonné. Pas avant. » C’est assez drôle d’ailleurs quand je pense qu’avant de choisir ma reconversion pour devenir naturopathe, j’ai travaillé pendant plusieurs années principalement pour une boîte qui s’appelait Ego... La Vie me l’avait mis devant le nez mais je n’avais pas encore fait le rapprochement.

 

En fin de formation, mon chéri m’a demandé : « Si tu devais résumer ces quinze mois de formation, tu dirais quoi ? » J’ai répondu : « C’est la Vie qui sait tout, moi je ne sais rien. » Il m’a dit : « Mais tu ne peux pas dire que tu sais rien avec tout ce que tu as appris ». J’ai confirmé : « Si, si, je ne sais rien. Même si tu n’es pas d’accord ; même si tu ne comprends pas pour le moment, je te demande de respecter ça. » Heureusement pour moi, j’avais découvert l’essence de l’humilité et de la bienveillance.

 

Déterminer ses valeurs

 

Avant je pensais à tout prix vouloir mon indépendance. Après, j’ai appris ce qu’était l’autonomie. Le concept d’indépendance ignore les autres : c’est quand je voulais faire tout toute seule sans avoir de compte à rendre à personne. Le concept d’autonomie fait maintenant partie de mes valeurs : avoir ma liberté de pensée et de choix en restant connectée aux autres sans lesquels ma vie n’aurait pas de sens.

 

Je l’ai encore davantage compris en travaillant sur « l’être thérapeute » : je me suis aidée moi avant de pouvoir aider les autres. Là aussi, j’ai eu besoin de ranger mon ego et de demander de l’aide à un psychothérapeute formé en psychologie biodynamique. J’ai donc suivi une psychothérapie corporelle qui fait travailler en même temps par la parole, les émotions et le corps et qui cherche à comprendre des correspondances qui se font en cours de travail. Elle va chercher le noyau sain de la personne pour retrouver de l’harmonie. J’ai eu la sensation de passer à la machine à laver puis au sèche-linge un nombre incalculable de fois. J’ai eu la chance d’avoir un chéri qui s’est accroché pour me soutenir parce que, je peux vous le dire, j’étais été secouée !

 

Freedom!

 

Et quel sentiment de liberté après avoir mis le doigt sur les mythes et les croyances limitantes que je me trimbalais depuis toujours. J’en ai résolu beaucoup. D’autres restent encore à travailler. D’autres arrivent en cours de route. C’est normal, on est vivant. Tout est toujours en mouvement et tant mieux. L’avantage que j’ai maintenant, c’est que je prends cela comme un jeu. Un jeu de piste, une carte auX trésorS avec moi-même. Et que je pense au jeu plutôt qu'à l'enjeu.

 

Aurore.

 


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